Entrepreneuriat

Vous partez en affaires — mais quel type d’entrepreneur êtes-vous vraiment ?

Un entrepreneur réfléchit devant son ordinateur et un tableau de projet

Vous avez une idée. Une compétence. Une envie de travailler autrement.

Vous vous lancez.

Et quelque part dans cette décision, vous avez utilisé le mot entrepreneur pour vous décrire. C’est légitime. C’est même courageux.

Mais voici une question que presque personne ne pose au bon moment :

Quel type d’entrepreneur êtes-vous vraiment ?

Pas ce que vous voulez être. Pas ce que vous admirez chez les autres. Ce que vous êtes — naturellement, profondément, dans la façon dont vous travaillez, décidez, et avancez.

Parce que ne pas le savoir a des conséquences. Et elles arrivent souvent au pire moment.

Le mot entrepreneur cache des réalités très différentes

Un soir de septembre 1999, je me retrouve devant une salle de 60 travailleurs indépendants à Granby, au Québec. Silence quasi religieux à mon entrée — le sujet de ma conférence les avait intrigués : Comment savoir si on peut réussir comme travailleur indépendant ?

De but en blanc, je leur pose une question : « Si vous vous considérez comme un entrepreneur, levez la main. »

55 mains se lèvent spontanément.

Je les remercie. Puis je pose deux questions simples sur un magazine d’affaires que j’éditais depuis 1995 — L’Autonome.

« Combien d’entre vous le lisent ? » Toutes les mains.

« Combien sont abonnés ou l’achètent en kiosque ? » Une quinzaine de mains — fièrement levées.

Et les autres ? « On va le lire à la bibliothèque. À la chambre de commerce. »

J’avais ma réponse. Sur 55 personnes convaincues d’être entrepreneurs — 15 l’étaient vraiment.

Pas parce que les autres manquaient de talent ou de bonne volonté. Mais parce qu’ils fonctionnaient autrement — et ne le savaient pas.

Les trois profils qui se cachent derrière un seul mot

L’entrepreneur ne cherche pas seulement à faire. Il cherche à construire. Il pense en systèmes, délègue une partie de l’exécution, prend des risques calculés. Ce qui l’anime, c’est l’idée de faire grandir quelque chose qui le dépasse — une équipe, une structure, un marché. Vendre fait naturellement partie de son rôle. Il dirige. Il sait s’appuyer sur les compétences des autres.

Son angle mort : il peut perdre de vue la qualité quand il délègue trop vite, ou s’épuiser à vouloir construire avec des personnes qui ne partagent pas sa vision.

Le créateur indépendant travaille avant tout pour la qualité de ce qu’il produit. Il maîtrise son métier de l’intérieur. La croissance n’est pas son moteur principal — il cherche d’abord l’excellence et l’autonomie. Il aime réaliser. Il aime partager. Gagner davantage compte, bien sûr, mais ce n’est pas ce qui le fait avancer en premier.

Son angle mort : il réussit trop bien. La qualité de son travail crée la demande. Et c’est exactement cette demande qui l’étouffe — parce qu’il délègue difficilement, ne veut pas recruter, et se retrouve coincé entre ce qu’il aime faire et ce que son succès lui impose de faire.

C’est le cas le plus douloureux que j’ai vu. Un artisan qui décolle — et qui plafonne, épuisé, parce qu’il n’a pas anticipé que grandir demande une autre façon de fonctionner.

L’hybride — et c’est vraisemblablement le cas de la majorité des gens — se trouve quelque part entre les deux. Parfois plus proche de l’entrepreneur, parfois plus proche du créateur. Son équilibre est unique. Et c’est précisément cet équilibre qu’il a intérêt à connaître — pour s’appuyer sur ses forces naturelles et anticiper ses angles morts.

Pourquoi ne pas le savoir coûte cher

Se croire entrepreneur quand on est créateur — c’est risquer de déléguer trop tôt, mal, et de perdre la qualité qui faisait votre réputation.

Se croire créateur quand on a une fibre entrepreneuriale — c’est risquer de passer des années à tout faire soi-même, épuisé, sans jamais construire ce qu’on aurait pu construire.

Et rester dans le flou — c’est avancer sans boussole. En espérant que les choses se clarifieront d’elles-mêmes. Souvent, elles ne se clarifient pas. Elles se compliquent.

Ce n’est pas un jugement. C’est une observation de terrain, construite depuis 1991 au contact de plus de 1 750 entrepreneurs et travailleurs indépendants.

Dans mon expérience, ceux qui avancent le mieux ne sont pas nécessairement les plus talentueux. Ce sont ceux qui se connaissent suffisamment pour faire des choix cohérents avec ce qu’ils sont — et pas avec ce qu’ils pensent devoir être.

Et vous — vous êtes quoi ?

Pas besoin de répondre maintenant.

Le test qui suit est conçu pour vous le montrer — visuellement, simplement, sans jargon.

Quelques affirmations. Des réponses nuancées. Et peu à peu, un profil qui se dessine de lui-même.

Vous découvrirez si votre fonctionnement naturel vous rapproche davantage de l’entrepreneur, du créateur indépendant, ou si vous vous situez quelque part entre les deux — et dans quelle direction penche votre équilibre.

Ce n’est pas un verdict. C’est un point de départ.

Parce que savoir qui vous êtes, c’est l’une des premières décisions stratégiques de votre parcours.

→ Faites le test — Quel type d’entrepreneur êtes-vous ?

Votre profil n’est pas figé

Le profil que vous découvrirez n’est pas figé.

Certaines compétences s’apprennent. Déléguer, ça s’apprend. Vendre, ça s’apprend. Gérer ce qui arrive quand l’activité grandit — ça s’apprend aussi.

Ce que le test ne peut pas faire à votre place, c’est décider dans quelle direction vous voulez évoluer. Ça, c’est votre choix.

Et pour faire ce choix avec lucidité — il faut d’abord comprendre comment vous fonctionnez.

C’est exactement ce que nous allons continuer à explorer — à commencer par ici : Lequel de ces quatre chevaux êtes-vous ?

Portrait de Pierre Bertucat

Pierre Bertucat

« Je ne suis pas de mon avis. »

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